Histoires de modèles

Savez-vous que Father Brown (G.K. Chesterton) a inspiré un célèbre enquêteur d’Hollywood ? Dans les années 1960, William Link et Richard Levinson, deux amis se connaissant depuis l’âge de 14 ans, ont l’idée de créer un inspecteur de police. William Link ne s’en est jamais caché. Leur personnage est né de deux modèles prestigieux.

Le premier fournira cette structure particulière de l’intrigue, où l’on sait dès le début qui est le coupable. C’est le juge Porphyre, personnage central dans Crime et Châtiment (Dostoïevski). Il ne lâche rien, se montre patient et fait preuve d’une grande ténacité. Il parviendra à la résolution du crime grâce à un détail, un article de journal rédigé par le coupable, et qui n’était pas censé paraître; insistant ainsi sur le rôle de la psychologie plutôt que sur celui des preuves scientifiques dont raffole la police.

Le deuxième modèle, c’est Father Brown, ce petit prêtre lunaire, enquêteur atypique, timide, maladroit, donnant l’impression d’être à côté de la plaque, mais qui se révèle un excellent connaisseur de l’âme humaine. Son esprit affûté, derrière ses lunettes, lui permet de débrouiller des situation qui paraissent inextricables. Il est souvent mal habillé, couvert de poussière, et promène sa candeur au milieu des salons de la meilleure société.

Avec le juge Porphyre et Father Brown, les scénaristes ont engendré un nouvel enquêteur, au succès mondial, lieutenant à la brigade criminelle de Los Angeles, et que tout le monde connaît sous le nom de l’inspecteur Columbo.

Plus modestement, Father Brown a inspiré le père Brun, qui partage son nom et son état clérical. Pour le caractère et l’allure physique, ils n’ont rien en commun. Mais inutile de m’attarder à vous le présenter, vous le connaissez déjà.

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